David Antin 1932 - 2016

Nous apprenons avec une très grande tristesse la disparition, ce mercredi 12 octobre 2016, du poète et critique américain David Antin.


"C’était il y a longtemps. Je passais les vacances de Noël chez un cousin en Pennsylvanie, et nous avons appris qu’à New York il était tombé une quantité de neige phénoménale. Nous, les enfants des villes, dès l’arrivée de l’hiver, rêvions qu’il neige. Aux premiers flocons, nous nous précipitions à la fenêtre pour voir si la neige allait tenir. Qui sait, on allait peut-être fermer les routes, le métro, les écoles. La ville devenait toujours très silencieuse après la neige, avant qu’elle se salisse et se transforme en glace ou en gadoue. Dans le train, traversant la Pennsylvanie et le New Jersey, j’essayais d’imaginer ce à quoi la ville allait ressembler. En sortant de la gare maritime nous avons dû porter nos valises au-dessus de nos têtes et suivre un étroit couloir creusé dans une masse de neige lisse qui nous arrivait jusqu’aux épaules. Comme nous avancions, un traîneau tiré par un cheval est apparu au coin, est passé devant les petites mottes de neige qui couvraient les toits des voitures immobilisées, et a disparu."


Extrait de Alphabet Memories,
trad. Pascal Poyet, inédit.

Pour une bibliographie complète de David Antin en français, on se reportera à ce post.

Un supplément d'aventure


lecture écrans performés
par Françoise Goria & Pascal Poyet 

jeudi 29 septembre à 18h

à la Maison de la Recherche - salle D29
Université de Toulouse-Jean Jaurès
métro Mirail-Université (Ligne A).

à l'occasion du colloque international The Mediterranean and its Hinterlands - Le pays en profondeur (28-30 septembre 2016) - Laboratoire Cultures Anglo-Saxonnes (CAS) - Université de Toulouse-Jean Jaurès. 

+ Un choix de titres des éditions contrat maint présenté par la librairie Études Mirail.

Voir et en savoir plus: ici et .

(Photo: Françoise Goria, écran extrait de Un supplément d'aventure.)

Parutions automne 2016





Emmanuel Fournier/Pierre Rieucau, Lettre/Lettre

Pierre Ajonc, Double Deux

"Mieux que dans Le Double où j'avais écrit des mots qui étaient les siens, les mots de sa lettre étaient maintenant directement dans mon esprit, ils étaient miens."
(Emmanuel Fournier, extrait de Lettre/Lettre)

Après avoir publié, en 2006, le diptyque d'Emmanuel Fournier, L'espace domino et Méthode pour échapper à l'analogie, contrat maint publiait, en 2008, Le Double, texte signé Pierre Ajonc, pseudonyme commun d'Emmanuel Fournier et Pierre Rieucau. Lettre/Lettre, en forme d'hommage à Pierre Rieucau, revient sur cette collaboration, Double Deux l'enrichit de douze nouvelles "conclusions".

Emmanuel Fournier est l'inventeur de la "méthode infinitive", pensée s'appuyant sur une langue faite de verbes à l'infinitif, aux participes passé et présent (modes dits impersonnels), de leurs connecteurs, conjonctions, prépositions et quelques adverbes, mais sans substantifs. On en trouve la pratique et la réflexion dans Croire devoir penser (lyber), L'Infinitif des pensées et Philosophie infinitive (L'éclat, 1992, 2000 et 2014), Mer à faire, 36 morceaux (français, infinitif, dessins), L'Infinitif complément (Eric Pesty éditeur 2005, 2005, 2008), ainsi que, publiés par contrat maint en 2012, dans deux textes en "morceaux préparés" : Les verbes de la désolation et Les verbes de la consolation.

Emmanuel Fournier est également l'auteur de Creuser la cervelle, Variations sur l'idée de cerveau, PUF, 2012 (où la méthode infinitive n'est pas absente).


Compérages




On peut entendre ici la lecture donnée par Bénédicte Vilgrain et Pascal Poyet le 8 juin 2016 à l'occasion des "mercredis de Montévidéo", à Marseille.

La soirée, consacrée aux éditions Eric Pesty, était intitulée Compérages

"C'est quelque chose qui est de l'ordre de l'amitié, de la réciprocité… et qui me semblait bien dire le lien qui nous réunit. J'ai mis le mot "compérages" au pluriel dans la mesure où nous ne formons pas un groupe fermé, qu'au contraire il y a d'autres cercles, d'autres affinités qui viennent chevaucher et emmener chacun d'entre nous vers des espaces et parfois des disciplines différentes." (Eric Pesty)

La lecture est suivie d'une discussion avec Emmanuel Moreira qui était à l'origine de cette invitation.

Une grammaire tibétaine !

En lien avec la soirée du 8 juin 2016 (ci-dessus), nous donnons à lire ici le texte de Pascal Poyet à propos de la Grammaire tibétaine de Bénédicte Vilgrain, prononcé l'automne dernier au festival MidiMinuitPoésie (Nantes) et publié dans l'anthologie Gare Maritime 2016, avec un extrait de la lecture de B.V., "Une grammaire est oubliée… qu'il y a un chien."

"Si vous imaginez une langue monosyllabique dont l'alphabet compte trente consonnes et quatre voyelles (des accents) et dont les mots-syllabes, tels qu'ils ont été transcrits au VIIe siècle, sont constitués comme de petits organismes de lettres à fixer les unes aux autres... — Vous me direz que c'est le cas de nos mots, qu'eux aussi sont des organismes de ce genre, faits de lettres fixées les unes aux autres; si vous voulez, mais dans la langue à laquelle je pense, les règles d'organisation des lettres sont différentes…" Lire le texte (PDF).

Marie-Luce Ruffieux/Rosmarie Waldrop

Parutions printemps 2016


Marie-Luce Ruffieux, La nageoire de l'histoire.

Rosmarie Waldrop, Manuel de mandarin, traduit de l'anglais (USA) par Bernard Rival.

Marie-Luce Ruffieux (née en 1984 à Lausanne) "flirte avec la littérature et la parole". C'est du moins ce qu'annonce d'entrée son site. Ce flirt se matérialise par des publications, des performances et des expositions. La nageoire de l'histoire est le texte dit au cours d'une performance donnée en 2015 à l'occasion de l'exposition Draw the line, à Urgent Paradise (Lausanne). Le texte est dit, et non lu; Marie-Luce Ruffieux a en effet l'habitude de tantôt dire le texte qu'elle connaît par cœur, tantôt le lire, ces deux possibilités alternant parfois au cours de la même performance, et construisant un rapport précis à l'espace. On peut la voir et l'entendre dire ce texte ici. A cette exposition participait Marie Jambers, auteure du dessin en couverture de l'ouvrage que nous publions.
Marie-Luce Ruffieux est aussi l'auteure de Beige (Héros-Limte, collection Courts lettrages, 2009) et a récemment publié Dégâts magiques supplémentaires (L'Ours Blanc n°3).

Rosmarie Waldrop vit à Providence (Rhode Island, USA) où, depuis 1961, elle dirige avec Keith Waldrop les éditions Burning Deck. Elle a traduit de nombreux écrivains français et allemands parmi lesquels Edmond Jabès, Emmanuel Hocquard, Oskar Pastior et Peter Waterhouse. Elle a également publié plusieurs essais et de très nombreux livres de poésie, s'apparentant eux-mêmes parfois à des essais; c'est le cas de Clef pour comprendre la langue de l'Amérique (traduit par Paol Keinig, Héros Limite, 2013). Les autres traductions en français les plus récentes de ses livres sont: La Route est partout, traduit par Abigail LangEditions de l'Attente, 2011; Comme si nous n'avions pas besoin de parler, traduit par Victoria Xardel, Harpo &, 2012, La Revanche de la pelouse, traduit par Marie Borel et Françoise Valéry, Editions de l'Attente, 2012 (voir les autres publications de Rosmarie Waldrop chez contrat maint ci-dessous). En anglais: Gap Gardening, Selected Poems, vient de paraître chez New Directions. 
Manuel de Mandarin est la traduction de Mandarin Primer, publié par Hooke Press en 2015.

Bernard Rival a traduit et publié aux éditions Théâtre Typographique, qu'il co-dirige avec Bénédicte Vilgrain, des textes de George Oppen, E. E. Cummings, Susan Howe, Charles Olson, Stanley Cavell, Keith Waldrop, James Schuyler et Jack Spicer, ainsi que "Cette île est la mienne", volume réunissant des textes de quatre écrivains et poètes de Nouvelle-Angleterre: Emerson, Howe, Olson, Thoreau (TH.TY. 2004). Pour contrat maint, Bernard Rival a traduit deux textes de Keith Waldrop: Echos de Mrs. Crowe et Naufrage au havre

De Rosmarie Waldrop, contrat maint a déjà publié:
Pré & con ou Positions et jonctions, 1999
Dans n'importe quelle langue, 2006
d'Absence abondante, 2009
En un éclair, 2013 (traduits par Pascal Poyet).


John Cage / François Deck

Parutions automne 2015


John Cage, Quatre textes d'introduction aux quatre parties de Empty Words. Traduit de l'anglais (USA) par Pascal Poyet.

Le compositeur et écrivain américain John Cage a écrit et publié séparément les quatre parties de Empty Words entre 1974 et 1975. Chacune est précédée d'un texte d'introduction. Ce sont ces textes, réunis en 1981 dans Empty Words, Writings '73-'78, Wesleyan University Press, que nous publions. Quatre textes écrits, selon les propos de l'auteur, pour répondre à toutes les questions que l'on pourrait se poser à la lecture ou à l'écoute d'Empty Words: "Toute l'information, toutes les réponses à toutes les questions (...) sont données aussi consciencieusement que possible dans ces introductions. J'essaie d'imaginer ce que quiconque peut bien vouloir savoir, et je donne cette information, mais pas par des séquences logiques." (Entretien avec Richard Kostelanetz, 1979). Empty Words a été écrit à partir des mots du Journal de Henry David Thoreau et des dessins figurant sur ces pages. De par son dispositif scénique, lecture à une table et projection des dessins, on pourrait qualifier la pièce de "conférence". Une conférence d'une dizaine d'heures, conçue comme une transition entre langage et musique, censée durer toute une nuit et se terminer avec les sons du petit matin. On peut l'entendre sur le site dédié à l'enregistrement qu'en a réalisé l'auteur en 1978.

François Deck est "artiste consultant". Il faut entendre ce mot dans sa réversibilité : l'artiste est consulté, l'artiste consulte. Son travail consiste à imaginer des protocoles de débat, par l'élaboration de "banques de questions", la création de jeux de sociétés ou, depuis 2009, par la tenue de sessions de "l'école erratique", séances nomades de discussion entre cinq personnes autour d'un problème donné cherchant sa formulation, "mutualisation des compétences et des incompétences" (voir à ce propos le workshop mené récemment aux Laboratoires d'Aubervilliers). En outre, François Deck donne à lire les nombreux textes qu'il écrit en marge & au cours de son travail dans une collection de brochures réalisées par ses soins, circulant de la main à la main, où se côtoient les registres analytiques et poétiques, l'expérience et la réflexion, la déclaration et le document, — collection qu'il appelle par un titre emprunté à Novalis: "Brouillon général". Certains de ces textes sont lisibles en ligne: esthétique de la décision, les promesses de l'incompétence. Pour contrat maint, dans la logique de son travail "privilégiant les situations d'émergence collective", François Deck fait émerger des infinis agencements de la langue, la première personne du singuriel.

Achats, abonnement : Où trouver contrat maint.

Le 14 décembre, à 19h30,

les lecteurs parisiens de Anableps pourront entendre Madeleine Aktypi, qui interviendra, aux côtés du poète américain Fred Moten, à la galerie éof, 15 rue Saint Fiacre, Paris 2e (Métro Grands boulevards).


Cette soirée est organisée par le collectif Double Change à l'occasion d'un symposium "Poets & Critics" consacré au travail de Fred Moten, organisé, notamment par les mêmes, aux Universités de Paris 7 et 8.

Je digitalise comme un fou



A l'occasion du workshop images & écriture "Vivent les disjonctions!" que nous mènerons à l'école média art e | m | a fructidor à Chalon sur Saône, nous présenterons une nouvelle version de: 

Je digitalise comme un fou

lecture écrans performés

le mercredi 18 novembre 2015 à 19 heures.

Tous les détails sont sur le site de l'école:


Au plaisir de vous y retrouver, si vous êtes dans la région!

Toute la ville / Une grammaire


contrat maint invité de MidiMinuitPoésie
Maison de la Poésie de Nantes / Lieu Unique

Samedi 10 octobre 2015

14h15 - Françoise Goria & Pascal Poyet
lecture écrans performés* :

Toute la ville en parle
huit définitions de contrat maint

15h - lecture de Bénédicte Vilgrain :

Une grammaire est oubliée... qu'il y a un chien

+ débat / programme complet + informations pratiques MidiMinuitPoésie#15



* Une lecture-écrans-performés est une table de travail.
Un texte et un corpus de photographies sont mis en mouvement par leurs auteurs respectifs.
Ils ont d'abord été élaborés séparément.
Lorsqu'ils sont diffusés simultanément (lorsqu'ils sont "performés"), les deux ensembles peuvent coïncider ou diverger.
À la table de travail, i.e. sur les berges du même cours d'eau, un auteur dit à l'autre — pour paraphraser deux vers de la Grammaire tibétaine de Bénédicte Vilgrain :
"Si mots et images ont une réalité, traverse l'Oh, oh, oh! et viens!"
La performance publique est la dernière étape d'un processus de fabrication du sens.

Photographies: Françoise Goria.
Ci-dessus: extraits de "Toute la ville en parle"; ci-dessous: les livres de Bénédicte Vilgrain chez contrat maint.