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Jean-Pierre Faye (1925-2026)



je lui dis : désir

d’art qui soit

plus encore

           que ça

qu’il n'est

              pas


Daying Pan, contrat maint, 2007.

*

Lire le très bel hommage de Michèle Cohen-Halimi paru sur le site des éditions Nous et repris par Poesibao.


Keith Waldrop

« À l'instar du poète américain Keith Waldrop, un écrivain se demande qui aurait assez d’imagination pour dresser, fût-ce en plusieurs jours, la liste des événements survenus dans le monde pendant tout le temps où il hésitait entre deux états d’une phrase, au demeurant fort banale, et qui le laissent d’ailleurs aussi insatisfait l’un que l’autre. » (Marcel Cohen, Faits, Gallimard, 2002.)

Le poète américain Keith Waldrop nous a quittés le 27 juillet. 

La phrase et le monde devront se tirer seuls d’affaire, à présent.

Nos pensées vont à Rosmarie Waldrop, sa compagne, avec qui il fonda Burning Deck, revue puis maison d'édition, au début des années soixante, et écrivit de nombreux textes.

De Keith Waldrop, on peut notamment lire en français : Taches d’eau, traduit par Paol Keineg (Format Américain, 1997/L’attente, 2021), Pertes inespérées (apportées par le vent), traduit par Bénédicte Vilgrain et Bernard Rival (TH. TY., 2008), Le Vrai Sujet, traduit par Olivier Brossard (José Corti, 2010), Tant qu’il fera jour, traduit par Paol Keineg (L’attente, 2015), ainsi que, dans l’anthologie Orange Export Ltd. (Flammarion, 2020), « Poème de mémoire », traduit par Anne-Marie Albiach, et L’irratrapabilité, entretiens avec Peter Gizzi, traduit par Bernard Rival (TH. TY., 2013).

Chez contrat maint: Echos de Mrs. Crowe et Naufrage au havre, tous deux traduits par Bernard Rival.



Emmanuel Hocquard


Avec une immense tristesse, nous avons appris hier, dimanche 27 janvier, le décès d'Emmanuel Hocquard.



"Un baiser



à quelle distance?"


(Un anniversaire, contrat maint, 2015.)

Que cela ne nous empêche pas de continuer de le considérer comme le plus important poète vivant.

Pour une évocation de l'œuvre d'Emmanuel Hocquard, on se reportera à ce poste. A paru récemment, aux éditions POL, Le cours de Pise, édition établie par David Lespiau.

(Ci-dessus, photo: Françoise Goria.)

David Antin 1932 - 2016

Nous apprenons avec une très grande tristesse la disparition, ce mercredi 12 octobre 2016, du poète et critique américain David Antin.


"C’était il y a longtemps. Je passais les vacances de Noël chez un cousin en Pennsylvanie, et nous avons appris qu’à New York il était tombé une quantité de neige phénoménale. Nous, les enfants des villes, dès l’arrivée de l’hiver, rêvions qu’il neige. Aux premiers flocons, nous nous précipitions à la fenêtre pour voir si la neige allait tenir. Qui sait, on allait peut-être fermer les routes, le métro, les écoles. La ville devenait toujours très silencieuse après la neige, avant qu’elle se salisse et se transforme en glace ou en gadoue. Dans le train, traversant la Pennsylvanie et le New Jersey, j’essayais d’imaginer ce à quoi la ville allait ressembler. En sortant de la gare maritime nous avons dû porter nos valises au-dessus de nos têtes et suivre un étroit couloir creusé dans une masse de neige lisse qui nous arrivait jusqu’aux épaules. Comme nous avancions, un traîneau tiré par un cheval est apparu au coin, est passé devant les petites mottes de neige qui couvraient les toits des voitures immobilisées, et a disparu."


Extrait de Alphabet Memories,
trad. Pascal Poyet, inédit.

Pour une bibliographie complète de David Antin en français, on se reportera à ce post.

Comment commencer ?

Pour Harun Farocki disparu ce mercredi 30 juillet,

sur le site de TH.TY. qui publia deux livres importants, Reconnaître et poursuivre, en 2002, et Films, en 2007,

sur le blog de Françoise Goria: picturediting.


“Comment commencer?”, Contre-chant, traduit de l'allemand par Monique Rival, contrat maint, 2009.